Poitiers - Le George-Sand restera fermé jusqu'en décembre
poitiers.maville.com - 19/08/10
Poitiers - Dans la guerre de tranchée que se livrent depuis plusieurs mois le patron de la discothèque « Le George-Sand » et la préfecture en la personne de son secrétaire général, Jean-Philippe Setbon, l'administration vient de remporter une bataille devant le juge des référés du tribunal administratif. Jean-Daniel Doucet, le remuant gérant de la boîte de nuit y demandait la suspension de la fermeture temporaire de son établissement signifiée le 24 juin dernier et qui a pris effet le 6 août pour quatre mois. Cette sanction est la troisième du genre à frapper la discothèque (une quatrième a semble-t-il été prise depuis). Une sorte de record à Poitiers et, pour Jean-Daniel Doucet, la démonstration d'une volonté de le réduire au silence. Il est vrai que, de déclarations tonitruantes à la presse en enquête personnelle sur la carrière passée du secrétaire général, le patron du George-Sand, véritable franc-tireur de la profession, a su s'attirer quelques solides inimitiés. L'infraction qui a valu au George-Sand cette troisième sanction est assez originale, les discothèques étant généralement fermées à la suite de bagarres ou de tapages nocturnes. Ce qu'on reproche à Jean-Daniel Doucet, c'est d'avoir équipé son établissement de caméras de vidéosurveillance sans avoir sollicité la moindre autorisation, ce qui est parfaitement illégal. Fidèle à sa réputation, le professionnel n'aurait tenu aucun compte des avertissements qui lui ont été adressés depuis le mois de janvier.L'intéressé se défend en faisant valoir qu'il a déposé une demande de régularisation, restée sans effet. La préfecture maintient que la pose illégale d'une vidéosurveillance constitue un « trouble exceptionnel à l'ordre public », dans la mesure où elle porte « une atteinte grave à la vie privée » des usagers. Le juge a estimé qu'il n'existe pas, dans l'état actuel du dossier, de doute sérieux sur la légalité de la décision contestée qui continuera donc de s'appliquer.