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Vandalisme - Boulogne-Sur-Mer - Le ras-le-bol des patrons de Capécure face aux vols et dégradations à répétition

lavoixdunord.fr - 02/09/10

À Boulogne, la zone de Capécure est régulièrement la cible de malfaiteurs qui se servent sur les camions comme sur un étal de poissonnerie : réservoirs siphonnés, roues et pièces mécaniques volées... Les patrons réclament davantage de surveillance autour de leurs établissements.

Inflation oblige, le carburant est devenu une denrée prisée. Les camions stationnés dans la zone de Capécure en font souvent les frais, particulièrement la nuit et le week-end, lorsque l'activité est plutôt calme. Philippe Thelier, directeur commercial de Demarne, estime qu'un millier de litres se sont volatilisés depuis le début de l'année dans les réservoirs des camions de la société. « Ils font sauter les capuchons et se servent, explique-t-il. Du coup, on ne peut plus laisser les camions à quai avec des réservoirs pleins, comme dans le temps. »

La majorité des véhicules passent désormais la nuit à l'intérieur, tandis que les autres sont garés le long des murs, histoire de limiter les accès aux réservoirs.

Des camions désossés
À l'entreprise de marée Dolleans, faute de place, les camions dorment toujours dehors. David Lahoche, son gérant, doit s'organiser en conséquence. « Maintenant, explique-t-il, on ne met plus que vingt litres de carburant par plein », alors qu'ils peuvent contenir une centaine de litres.
Désormais, les malfaiteurs n'hésitent plus à s'attaquer aux pièces détachées. « En juillet, j'ai retrouvé un camion monté sur cales, poursuit le patron. Ils avaient pris les quatre roues arrières. » Résultat : 1 500 E à ses frais. Parfois, ce sont des boîtes de vitesse qui disparaissent. Aymeric Chrzan, secrétaire général du Syndicat des mareyeurs, se souvient même d'un camion dont le moteur avait été « dessosé » !
« Ces problèmes sont récurrents, avec des hauts et des bas, confirme Aymeric Chrzan. Il faut dire que surveiller la zone s'avère très compliqué. Elle est extrêmement vaste, avec ses coins et ses recoins. » La police est régulièrement alertée. « On s'était ému de cette situation au début de l'été auprès du commissariat. On nous avait assuré que les contrôles seraient renforcés. Mais ils ne peuvent pas être partout en même temps », reconnaît le responsable.

Vers un service de patrouilles privées ?
Face à cette hécatombe, certains patrons souhaiteraient l'installation de vidéosurveillance à Capécure. D'autres réclament l'intervention d'une société de gardiennage. Mais alors, qui devrait payer ?
La Chambre de commerce et d'industrie, propriétaire de la zone portuaire, fait déjà appel à un agent de sécurité pour surveiller ses bâtiments 24 heures sur 24, ainsi que les bassins. Pour autant, la Région n'est pas disposée à élargir ce service à toute la zone. « La mission de police n'est pas une de nos prérogatives », rappelle Bernard Wyts, directeur du service des pêches.
Ce dernier avait déjà proposé aux entreprises de se cotiser pour organiser un service de patrouilles privées. Mais ce projet avait achoppé sur la question sensible des contributions individuelles.